Appliquer la célèbre formule à notre championnat permet d’éclairer le possible maintien de Sochaux ou l’éventuelle non-qualification de Saint-Étienne en Ligue des champions.

Vous avez peut-être été traumatisé au collège par le théorème de Pythagore: «Le carré de l’hypoténuse est égal à la somme des carrés des deux autres côtés.» Ou, pour le dire autrement: si vous connaissez la longueur de deux côtés d’un triangle rectangle, vous pouvez calculer celle du troisième.

Mais savez-vous que ce théorème permet d’évaluer l’efficacité d’une formation sportive?

Au début des années 1980, le spécialiste du base-ball Bill James, un des pionniers de la sabermétrie, cette analyse statistique du sport popularisée par le film Moneyball, a découvert qu’il était possible d’en utiliser une variante pour calculer de manière assez fiable le pourcentage de victoires d’une équipe. Pour cela, il suffit de connaître le nombre de runs (points) marqués et encaissés par elle:

% de victoires = (points marqués2)/(points marqués2+points encaissés2)

Formule affinée, complexifiée, adaptée

Cette formule a ensuite été adaptée au football, où, théoriquement, le nombre de buts marqués et encaissés par une équipe doit aussi se refléter dans son classement: en France, depuis vingt ans, seuls trois clubs (Nantes 2001, Lyon 2003, Bordeaux 2009) ont réussi à être champions sans avoir la meilleure différence de buts, par exemple.

Il a néanmoins fallu l’affiner, la complexifier –notamment pour tenir compte du fait que, contrairement au base-ball, on peut faire match nul au foot. Le site américain FiveThirtyEight s’y est récemment essayé en se fondant sur les résultats des quatre grands championnats européens (Angleterre, Allemagne, Italie, Espagne) entre 1992 et 2013. Cela donne la formule suivante:

points obtenus = (buts marqués1,18)/(buts marqués1,18+points encaissés1,23)*maximum de points possible

[Le coefficient attribué aux buts encaissés est plus élevé que celui des buts marqués pour, explique le site, tenir compte du fait que «pour les meilleurs clubs, un but encaissé est plus coûteux qu’un but marqué n’est profitable»]

Pour vérifier si elle fonctionne également pour la Ligue 1, nous avons compilé les résultats des championnats sur la même période. La réponse est oui, au prix de quelques ajustements qui permettent de minimiser la «marge d’erreur»:

points obtenus = (buts marqués1,181)/(buts marqués1,181+points encaissés1,235)*maximum de points possible

L’OM 2013, un modèle d’efficacité

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Source : slate.fr