rhinoceros_ld03« Sachant que le nombre de rhinocéros en liberté en Afrique du Sud avoisine les 20 000, que l’augmentation du braconnage suit une courbe exponentielle et que le prix de la corne atteint au marché noir 50 000 euros le kilo, vous répondrez à la question suivante : l’élevage intensif de rhinocéros dans des fermes et l’ouverture officielle d’un marché de la corne permettraient-ils:
1) de faire suffisamment chuter les prix pour décourager le braconnage,
2) de générer assez d’argent pour protéger et gérer les représentants de l’espèce en liberté dans les parcs nationaux? Vous tiendrez compte, dans vos projections du coût des mesures de protection et de lutte contre le braconnage ».

Lecteurs n’ayant pas la bosse des maths s’abstenir de concourir: l’exercice résumé ci-dessus, qui figure parmi les quatre sujets proposés par la prestigieuse université du Witwatersrand (WITS) de Johannesburg, du 14 au 18 janvier, aux participants du Groupe d’études en mathématiques pour l’industrie (MISG) 2013, n’est pas à la portée du premier venu.

Un MISG est un atelier de plusieurs jours, durant lequel chercheurs universitaires et étudiants  travaillent en collaboration avec des représentants de l’industrie sur des problèmes de recherche appliquée à la réalité locale. Organisé depuis plus de quarante ans dans de nombreux pays, ce rendez-vous annuel pour matheux de haut niveau se tient en Afrique du Sud depuis 2004. L’invitation faite aujourd’hui à ses participants de plancher sur un modèle susceptible de sauver les rhinocéros ne doit rien au hasard : le massacre de ces pachydermes, déjà évoqué dans mon dernier post de blog, est devenu en Afrique du Sud une cause nationale, mobilisant la société civile, mais aussi le monde politique.

Extrait d’un article du journal LE MONDE